Affichage des articles dont le libellé est État de l'art. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est État de l'art. Afficher tous les articles

jeudi 9 août 2012

L'Artiste


Quand je l'ai aperçu en haut au balcon, j'ai pas pu réprimer un noeud à l'estomac, une angoisse de l'autre très familière :  c'est que sa silhouette, vue d'en bas, résumait ces gens qui me font peur, ces hédonistes, oiseaux de nuit qui rejettent les livres, l'art et la profondeur et qui fuient la vie en mangeant des pilules pour s'allumer sur de la techno. Samuel, c'était un espèce de grand blond, la pire dégaine de mec qui se perd toute la nuit dans des free-party, une casquette vissée sur la tête, il chantait à tue-tête tout ce qui lui traversait le ciboulot, me rappelant non sans frémir les schizos qu'on croise souvent abandonnés à leur intérieur, dans l'extérieur de la rue. 

Je serrais les dents dans l'escalier et respirais un grand coup avant d'ouvrir la porte. Revêtir une combinaison pour l'apparence sociale, c'est douloureux, toujours. J'ai marché jusqu'à la cuisine en essayant de me faire aussi petite qu'une petite souris pour aller saluer mon hôte, Marie-Ève. Elle discutait avec son amie Ina, et Samuel continuait à chanter tout haut. Comme je l'ignorais, par peur et timidité, il s'est d'un coup planté devant moi et m'a tendu la main avec un sourire tellement énorme et des yeux tout chauds, que je suis devenue une microscopique souris, toute rouge et bafouillant mon prénom dans un cocktail linguistique très désordonné. J'étais tellement surprise par ce sourire d'enfant !! Et puis une fois ressaisie, j'ai compris que les amis de Marie-Ève, on pouvait les aimer les yeux fermés. 

Il portait de fringues qui hurlaient la singularité. Sa chemise était tout pleine de trous très ostensibles, mais c'était très difficile de savoir si ils étaient fait exprès par lui, ou si c'était le résultat de l'usure, d'une quelconque bataille avec des chiens ou des barbelés. Elle était déboutonnée à moitié pour laisser entrevoir sur son torse nu un étrange médaillon qui pendouillait au bout d'une cordelette. Son pantalon était long, il le portait bien bas, mais pas autant que ces idiots qui pensent que laisser leur caleçon suggérerer la rondeur de leur fesses à l'air libre est le summum de la coolitude. Il était (mal) taillé dans un velours foncé, très doux et bien épais. Sami disait fièrement qu'il était tombé dessus dans un marché aux puces, et qu'il l'avait pris parce que le canapé de son grand-père était fait avec exactement le même tissu.  Et puis sa casquette, genre rose fushia delavé, avec des inscriptions énigmatiques au blanco dessus. Il la portait de façon très précise, pas trop enfoncée, mais pas simplement posée non plus, de sorte à ce que la visière pointe vers le ciel avec un angle bien étudié. Sur le côté, il a planté une plume, édredon blanc pointé vers le ciel - ou le plafond, selon.

Quand il redescendait de sa tête et de ses chansons pour nous parler, ce qu'il faisait volontiers, il communiquait d'une voix grave, dans un anglais parfait et dans français bien meilleur que mon allemand balbutiant. Un rire rauque et entier éclatait de sa gorge, bien ouvert sur toutes ses dents, et il se renversait sur l'arrière pour mieux rire encore. Mais surtout, il riait avec ses yeux, où se reflétait une douce chaleur dorée, en même temps que sa poitrine rebondissait. Ses yeux étaient aussi capables de devenir très sérieux, il fronçait les sourcils quand il réfléchissait, ça lui donnait une tronche d'enfant.. Attendrissement. Il finissait par plisser les yeux, et sortir des choses bougrement intelligentes, des réflexions bien piquées, des analyses bien précises, et souvent, des drôleries adroites et hilarantes. Qu'est-ce qu'il me mettait à l'aise, que je me sentais bien auprès de celui qui, juste aperçu au balcon, m'avait crispée et renfermée dans ma carapace !!

Samuel, il respirait l'innocence de la création brute, l'intelligence et le refus de la société vendue sur les écrans. Ostensiblement sensible, attentionné, passionné et spontané, je n'ai jamais rencontré quelqu'un qu'on puisse nommer avec autant de certitude : un artiste. 

mardi 12 juin 2012

Mon Ventre


Mon ventre est plein
Comme une armure
jusqu'au bout du goulot
Encore une poussière de toi
Mon haricot
Remplis-moi jusqu'à vomir

S'engorger encore
Pour freiner l'aspiration du vide
Petit boulet bien trop lourd

Trop vide,  l'angoisse et le tourniquet interstellaire
L'engoncement du trop plein est tout autant incommode
encombrante aboulie boulie

Avec un peu de chance
Il restera quelques heures
dans l'espace errant entre le vide et le plein
pour abolir le jour. 

dimanche 3 juin 2012

Mes amants


Ils sont beaux. 
Tout humides de sueur
Dégoulinants de tendresse
Lorsque
les cheveux en bataille
Dans le désordre des draps
Ils s'allongent
Ils s'éteignent
Dans un grand souffle
Ces éternels enfants
Qu'ils se réfugient dans leur virilité
Fausse indifférence
Ou s'ouvrent sur leur fragilité
Ils sont beaux
Le coeur tout rouge et le visage boursouflé 
Le souffle encore haletant
De cet effort bestial
Essence de l'être
jus de toi
un citron d'amour pressé
Douceureusement sucré

Je m'allonge
Et les observe doucement s'éloigner
Avec une bienveillance infinie
sur leur sommeil innocent
Mes amants

mardi 15 mai 2012

Un Modlgliano, des Modigliani

Ouh là là les enfants, ça fait un bail en barre que j'ai pas mis les pieds par ici !!
Pas que je vous aime pas hein, mais j'ai comme on pourrait dire, été happée par ma propre vie. On va pas se plaindre hein.

Donc ma propre vie, elle m'a emmenée voir l'expo Modigliani à la pinacothèque la semaine dernière. Bon, en fait, c'est pas vraiment une expo sur Modigliani, mais plutôt l'histoire d'un collectionneur et de son acheteur-revendeur de tableaux, aka Jonas Netter et Léopold Zborowski. Tandem équilibré entre un sage riche et un fou dénicheur de talents, ils découvrent ensemble des bébés-peintres avant que ceux-ci n'éclorent, et les entretiennent. En échange, ils sont propriétaires de toutes leurs toiles. Par exemple, dans le contrat, Modigliani devait leur peindre 12 toiles par mois. Ca fait un peu beaucoup, 12 toiles par mois. Bref, je vais pas tout vous dévoiler, mais on y découvre, dans un dédale assez mal agencé, des tableaux de peintres variés de cette époque, et c'est une bien jolie promenade. J'en ai retenu de jolies fillettes, une rose, et une bleue : 

Amadeo ModiglianiFillette en bleu,  1918,  116 x 73 cm


Chaïm SoutineLa fillette à la robe rose, c. 1928, 92 x 60 cm.

Mais pour le reste, ça vaut aussi le coup d'y aller !




MODIGLIANI, SOUTINE ET L'AVENTURE DE MONTPARNASSE 
À la Pinacothèque de Paris, du 04 avril au 09 septembre 2012 
Réservation : http://www.pinacotheque.com/fr/accueil/achetez-vos-billets.html

mercredi 29 février 2012

La Dame de La Mer



J'étais hier à la première de "La Dame de la Mer", une pièce d'Henrik Ibsen, dramaturge norvégien du XIXème siècle. Elle conte l'histoire d'Ellida, une jeune femme hantée par l'appel de la mer, symbolisant son premier vrai amour duquel elle s'est résignée. Cet amour réapparaissant soudain dans sa vie, honorant une vielle promesse, elle se trouve confrontée à l'éternel dilemme entre folie et raison, passion et sagesse, stabilité et mouvement. Si l'intrigue peut comporter quelques lourdeurs, la mise en scène était assez époustouflante. Les comédiens évoluent dans une sorte de piscine qui démarque la scène, la maison, le centre de l'action. De lourds meubles de jardin en bois y sont posés et tout évoque la froideur et l'austérité du Fjord auprès duquel Ellida se sent prisonnière. 

Petit très gros détail, le rôle d'Ellida est interprété par Camille d'un jeu étonnamment juste pour une chanteuse.. La pièce est agrémentée de poèmes norvégiens mis en musique par elle-même, qu'elle interprète les pieds dans l'eau, debout dans sa longue robe rouge.  Des instants de poésie suspendus entre deux scènes. Seuls deux cors et un trombone l'accompagnent, mais elle ne manque pas, évidemment, d'utiliser l'eau comme instrument !

C'est jusqu'au 17 mars, ça vaut son petit détour.. 



   


du 28 Février au 17 Mars
+33 (1) 46 07 34 50


lundi 20 février 2012

Hofesh Shechter

J'ai été voir ce ballet mercredi dernier : Uprising - The Art of not Looking Back. Je ne connaissais pas ce chorégraphe complètement taré (en fait je connais pas de chorégraphes de manière générale mais chuut), et ben j'ai bien été secouée. Une claque de beauté, de grâce et de détresse. Une bande son dont la plupart a été composée par le chorégraphe, tour à tour poignante, hérissant les poils, secouant les oreilles, effrayante, et arrachant quelque larmes. La chorégraphie en elle même, ben.. J'ai jamais rien vu d'aussi actuel, voir visonnaire. Profondément ancré dans l'expression du présent, d'un dynamisme assourdissant, d'une précision émotionnelle déroutante.

Pour vous donner un aperçu d'une autre de ses pièces : 



Une pure merveille. C'est jusqu'au 29 février. Allez-y !




Hofesh Shechter
Uprising - The Art of not Looking Back
Théâtre des Abesses
www.theatredelaville-paris.com
01 42 74 22 77

dimanche 30 octobre 2011

Boris Vian



Hier aprem j'ai été réconforter ma copine Sarah qui se faisait une journée studieuse à la BNF : on a partagé sa pause à l'expo sur Boris Vian. J'étais curieuse d'en apprendre plus sur ce mec capable d'écrire des trucs aussi farfelus que l'écume des jours, aussi noirs que l'arrache-coeur, que j'ai relu récemment, ou de faire des chansons aussi barrées que la java des bombes atomiques...

Et ben j'ai pas été déçue. L'expo est toute petite mais bien fournie. Organisée par thème, on y apprend bien sûr sa biographie, semée de quelques détails romanesques : il est mort à même pas 40 ans dans des circonstances pires que théâtrales, il avait des parents bourgeois et très très ouverts qui ont construit une salle de bal à leurs enfants pour qu'ils puissent faire la fête avec leur potes à la maison, il était pote avec Sartre et De Beauvoir, et il avait des tas de problèmes à son pti coeur ce qui l'a dispensé de STO pendant la guerre, contrairement à ses frères, et qui accessoirement l'a aussi fait mourir très jeune. Son oeuvre littéraire, musicale, et même ses peintures sont exposées, accompagnées de nombreux "trucs" digitaux. Parmi les trucs rigolos : on peut écouter des chansons à travers deux combinés de vieux téléphone, ou sous un haut-parleur en forme de sèche-cheveu ou de douche.. 
On y trouve aussi de nombreuses vidéos et interviews radios de l'artiste, qui donnent un bon aperçu de sa façon de penser.

Mais le plus impressionnant sont les manuscrits des romans ou des chansons. Il y en a plein. Des lettres, des brouillons, des poèmes de quand il avait 14 ans, des pensées un peu brutes. C'est vraiment touchant de voir en détail le processus de réflexion, les ratures, les commentaires qui s'opèrent lors de l'élaboration du roman ou des paroles d'une chanson. Le manuscrit de l'écume des jours est présenté (version digitale seulement) accompagné d'une lecture, j'aurai pu rester là à tourner les pages virtuelles et écouter le livre entier.. 

Bref, si vous passez dans le coin, je vous conseille très bouillamment !! 

Bibliothèque Nationale de France
Métro Bibliothèque 
Mardi-samedi 10h-19h
Dimanche 13h-19h
Jusqu'au 15 janvier 2012. 


Et en passant, si vous connaissez pas encore Sarah, filez tout de suite sur son blog, ça défonce !!

vendredi 14 octobre 2011

Camille : Ilo Veyou Mo re.


À défaut de rencontrer son âme soeur, chacun a au moins un artiste-soeur. Moi, c'est Camille.

Depuis la première écoute de son premier CD, j'adore. Tout. Ses textes épurés, si poétiques, pleins de folie et pourtant si vrais et touchants. Sa taréitude, personnification de la liberté qui saute dans tous les sens, hurle, chuchote et pleure quand ça lui chante.  Sa voix qui défie les lois de la pesanteur vocale, ses chansons, à la fois enfantines et pleines d'une gravité pénétrante. 

Elle m'a définitivement conquise avec son deuxième album, Le Fil, et le concept de la note en toile de fond qui tisse les morceaux les uns les autres et les relie. Des chansons tellement bien ficelées qu'elles passaient alors en boucle sur France Inter (Ta Douleur), d'autres plus déjantées (Janine 1, Janine 2, Janine 3, Vous), ses premières explorations de chansons à Capella (Senza, Assise), et d'autres empreintes d'une mélancolie épurée qui m'arrachent toujours un frissons lorsqu'elles débarquent dans mes écouteurs par le miracle de la lecture aléatoire (Pâle Septembre, Quand je marche, Pour que l'amour me quitte).

Son troisième album, Money Note est pour moi l'aboutissement de sa recherche musicale. Un album entier ne faisant intervenir que des instruments "humains" : voix ou percussions corporelles. Sur scène, impressionnant : seul un piano apparaît sur quelques morceaux. Et pourtant, elle arrive encore à produire des chansons déjantées pouvant largement remplacer David Guetta en soirée (Money Note, Gospel With No Lord). 

Après un long silence, son nouvel album, Ilo Veyou, sort lundi prochain.  C'est qu'entre temps, la petite herbe folle a donné vie à deux petits bébés. Ça prend du temps, ces choses là. 

Mais mon petit doigt me dit que cette maturation ne nous apporte que du bon. Sa première chanson, L'étourderie, donne le ton d'une liberté encore plus aboutie. Sur son site, on peut aussi accéder à un extrait du film "Ilo Veyou" où certains des nouveaux morceaux sont présentés en acoustique. Elle poursuit son exploration vocale, certains morceaux sont construits à partir de multiples enregistrements de sa propre voix, comme dans Senza, mais beaucoup plus orchestral. On retrouve aussi quelques chansons plus posées, où elle pose simplement ses textes sur la guitare de son chéri. Évidemment, elle part en tournée pour en faire la promo, vous trouverez toutes les infos sur son site




En plus son album est tout jaune et gris. Et en plus de plus, son album d'avant était tout orange fluo, alors que j'étais en pleine période orange moi aussi. Ya pas de doute, c'est mon artiste-soeur.

dimanche 9 octobre 2011

Mia et la mer




Mia tapotait du bout des doigts sur le volant au rythme de la musique qui crépitait dans les haut-parleurs. À chaque tournant, elle redécouvrait la route qu'elle avait parcouru si souvent autrefois. Comme par surprise, sa mémoire lui rappelait exactement à quel endroit tourner au moment pile où elle reconnaissait les lieux, comme surgis de vieilles photos enfermées longtemps dans une boite, et que l'on retrouve aussi fraîche que les souvenirs qu'elles remuent. Ça devrait être par ici, se dit-elle. Et, comme guidée par l'instinct d'une habitude enfouie, elle se retrouva sur le petit port, au bout après la digue. 
Il ventait fort ce jour-là. Un mistral vigoureux avait fait descendre la température de 10 degrés en 24h, lui avaient dit ses parents. Qu'importe, elle l'adorait, elle, le mistral. Le ciel, balayé par le vent, avait en ces jours venteux une lumière incroyable, si pure qu'elle semblait sortir tout droit d'un tableau de Turner. Elle descendit de sa voiture, déjà éblouie par le soleil qui se reflétait sur les vagues en une lumière aveuglante. 
Ses pas trouvèrent tout seul le chemin qui menait au sentier du littoral. Cette ballade qu'elle avait fait tant de fois, petite. Elle se souvint, dans un sourire tendre, à quel point elle et ses frères et soeurs agaçaient ses parents à ne pas vouloir marcher. C'est vrai, pensa-t-elle, ça doit être exaspérant de voir ses enfants ne pas se rendre compte de la beauté magique de ces lieux. 
Tranquille, elle prit le chemin qui serpentait le long de la mer. Le mistral ébouriffait ses cheveux, elle se défendait d'y passer la main, comme pour respecter cette oeuvre sacrée de la nature qui venait s'inscrire jusque sur elle. Elle accéléra son pas, ponctué de bonjours machinaux adressés aux passants qu'elle croisait. Elle se coulait à travers la pinède, le vent frais coulait dans ses veines, elle se sentait aussi légère que lui. Elle voulait arriver là haut, lorsque le sentier tout à coup débouche sur le haut du pic qui surplombe la baie. Elle courait presque, manquant de trébucher sur chaque pierre, sur chaque racine, tant son esprit était absorbé par la mer et le vent. Puis, haletante, elle arriva au petit col. Ses yeux se plissèrent comme pour filtrer la lumière bleue qui se dégageait du paysage. La mer était maintenant environ cent mètres sous elle, elle entendait sa respiration familière. Les bras écartés comme pour s'envoler, elle se tenait là, immobile, à respirer le ciel. 
Puis soudainement elle dégringola le chemin en sens inverse, poussée par le besoin d'aller auprès de l'eau. Elle glissa jusqu'à une crique accidentée, et sauta de rocher en rocher pour rejoindre le plus éloigné du bord. Ses pieds trempés, elle manqua dix fois de tomber à l'eau. Peu importe que je me mouille se disait-elle. Hissée en haut du rocher, elle s'assit, apaisée. Les yeux fermés, pour mieux recevoir les couleurs du soleil. Elle écoutait le bruit des vagues qui bouillonnait autour d'elle en tourbillons d'écumes blanche. Il s'en dégageait une régularité toute aléatoire qui la berçait, apaisait tous ses sens. Elle le savait, que c'était exactement de ça dont elle avait besoin. Un peu plus haut, tout le monde devait la prendre pour une folle. 
Elle se sentait bien. 

samedi 20 août 2011

Scott Matthew

Il y a des choses que j'avais oublié qu'elles existaient, à habiter à l'étranger. Et parmi elles, il y a FIP. Depuis un mois que je suis rentrée, je suis câblée dessus. À la maison, dans le métro, dans la voiture. C'est la radio parfaite : musique complètement éclectique mais toujours excellente, animateurs perchés plus hauts que le ciel, flash info complets mais pas interminables à peu près toutes les heures, et surtout, PAS UNE SEULE SECONDE DE PUB. Des fois, mon gouvernement, je l'aime.

Encore plus quand il me fait découvrir la douce atmosphère de Scott Matthew. Suave, tendre, et doux comme une caresse.





Merci, FIP.

Pour les exilés, vous pouvez toujours écouter FIP sur internet ! De toutes façons la programmation est aussi perchée de jour que de nuit, le décalage horaire changera rien..

dimanche 17 juillet 2011

La Tarantelle

Dans l'avion l'autre jour, j'ai vu un film super cool : tous les soleils. C'est l'histoire d'Alessandro, un prof de musique baroque qui vit à Strasbourg, et qui est un peu paumé dans sa vie, mais il s'en rend pas compte. Son frère, un anarchiste réfugié politique anti-berlusconi, et sa fille, une ado de 15 ans, montent des stratagèmes pour lui trouver une copine.  

Tous les Soleils, de Philippe Claudel, avec Stefano Accorsi, Clotilde Courau, Neri Marcoré. Encore au ciné !! 


Perso, je comprends pas trop comment c'est possible qu'un mec aussi beau aie pas de copine, mais passons. La musique du film est basée sur la tarantelle, musique qu'Alessandro enseigne à l'Université de Strasbourg en dansant sur le bureau des amphis. La tarantelle, c'est une musique trop géniale. C'est un type de musique traditionnelle italienne, originaire du sud de l'italie, particulièrement entraînante, qui s'accompagne d'une danse particulière. Il y a très longtemps, les gens la dansaient pendant des jours entiers pour guérir des morsures d'une araignée dangereuse, la tarentule. D'où le nom. C'est fou comme idée, de danser pour guérir d'une morsure d'araignée, non ?



Oh, ce que j'aime ! Et puis ça me donne un prétexte pour me remettre à l'italien, pour éviter qu'il disparaisse avec tout cet espagnol qui envahit ma vie... Fichtre, c'est toujours aussi beau l'italien ! Allez voir ce film !



dimanche 19 juin 2011

Beet Cake

Waaww this is exactly how I'd like to show you my recipes. Since I don't have such a talent, or patience, or equipment, I will just bother you with my crappy pics for now. But please take time to watch this delightful video. Enjoy!

mardi 7 juin 2011

Life Begins

Mon mémoire est rédigé. La deadline est lundi prochain. Il est loin d'être parfait, mais mon prof, spécialiste international du travail à l'arrache dans l'urgence de la dernière seconde, peine à me renvoyer ses commentaires sur les chapitres que je lui ai donnés il y a déjà trois bonnes semaines.
Alors en attendant son email, je m'occupe. J'ai vu ces posters sur design is mine et je les ai trouvés tellement jolis que j'ai voulu en faire un moi-même. Une heure et quelques centaines de clics plus tard, voilà mon oeuvre d'art :



C'est ma nouvelle citation fétiche du moment. Et je pense bien qu'il trônera quelque part dans mon futur appart ! Si vous voulez le télécharger et l'imprimer de chez vous, cliquez ici. Mais je vous invite à le faire vous-même, ça prend à peine 1h et vous êtes pas obligés de subir les citations préférées des autres.. J'utilise le logiciel Inkscape, le même que celui pour faire mes beaux schémas de chercheuse. C'est gratuit et vraiment facile à prendre en main. Pour une pas-du-tout-pro du graphisme comme moi, ça suffit largement. 


En ce moment, mon esprit grouille de plein d'idées pour la déco du futur appart que j'aurai en septembre, et bien que j'ai aucune idée de où et comment il sera, il y a quelques éléments que je veux ABSOLUMENT intégrer :


Un tapis de nuage moelleux
Des ampoules à suspendre
(mais avec des petits bateaux à la place des oiseaux)
Une Bibliothèque de Plombière

Et  encore une foultitude d'autres projets dont vous allez certainement entendre parler ! Avec évidemment du jaune, du gris du beige pour les couleurs de base, et des touches de couleur vives un peu partout. Je suis sûre que je peux arriver à faire tout toute seule. Ça va m'occuper mon été, tout ça  !

lundi 30 mai 2011

ADBUSTERS




J'ai découvert ce magasine l'autre jour, en traînant chez une copine. 

C'est scandaleusement délicieux. 

Altermondialiste à souhait, on y trouve entre quelques interviews de personnalités politiques internationale, des réflexions sur mais où va le monde, des critiques d'art, des nouvelles époustouflantes écrites par des étudiants, des visuels et des images d'une puissance intergalactique, et bien-sûr un graphisme et une mise en page n'ayant rien à envier à une expo à beaubourg. J'ai eu l'impression de me lire dedans. 

Le numéro que j'ai ouvert par exemple, a pour titre : "Hipster, the dead end of western civilisation". Et au milieu du magazine, quelques pages d'une autre couleur qu'il faut lire de gauche à droite. "Life begins out of your comfort zone", they say.. 

Et tout ça évidemment, financé par les lecteurs uniquement, et avec zéro pub dedans.  

Le magazine est bi-mensuel, et l'abonnement annuel est à 47$US pour l'international, et 39$US pour US/Canada. A ce prix là, on n'a vraiment pas le droit de s'en priver !

En savoir plus : visitez www.adbuster.org. On peut même y feuilleter les derniers numéros en ligne, si vous êtes pas encore convaincus ! 

vendredi 20 mai 2011

Searching for Home

Je vais vraiment pas souvent au ballet. Mais alors vraiment pas. J'y connais rien du tout en danse classique, et encore moins en danse contemporaine. Mais hier ma copine Marika m'a emmenée voir les Grands Ballets Canadiens de Montréal. 
La premièere partie c'était la plus bizarre. Searching front home, du chorégraphe Stéphane Thoss. Très hmm comment dire. Conceptuel. 
De mon oeil de non initiée, j'ai apprécié un bon nombre de mouvements qui semblent être la matérialisation brute de sentiments profonds, hargneux, contradictoires. On n'en retient pas d'envolées, pas de petits sauts tout mignons, seulement ces mouvement saccadés, expressifs, et des ballons qui s'entrechoquent et finissent par s'envoler. 
On se perd dans les mouvements des danseurs, des gestes si étranges qu'ils viennent du fond des entrailles, spontanés comme dans une crise de joie ou crise de nerfs.




Et puis le titre aussi, résonne fort dans mes oreilles, moi qui ne vais pas tarder à (re)changer de pays et chercher une nouvelle maison.. 

La dernière est demain soir, si vous ne savez pas quoi faire, c'est par . Et les premiers tarifs sont à 20$. Une bouchée de pain pour un spectacle si inspirant. 

Psst : Il est cool le reportage hein ? C'est normal c'est ma copine Marika qui l'a fait. 

vendredi 13 mai 2011

J'ai envie de vous parler de plein de choses ça se bouscule de partout et pas vraiment le temps de trier, alors en vrac :

Le Musée d'art moderne de Montréal : y'a qu'une chose à dire : ils ont touché le fond du fond. Une demi-salle d'exposition sans queue ni tête, avec des oeuvres interactives avec lesquelles il est interdit d'interagir et dont les sons se superposent les uns aux autres : un capharnaüm opressant et sans intérêt.
Une seule oeuvre intéressante, une vidéo de William Kentridge. Ils ont réussi à tout gâcher, lui qui a besoin d'une salle sombre et de silence, en la mettant au milieu d'une grande salle bruyante, à deux pas d'une autre oeuvre, un piano instrumentalisé qui beuglait des sons criards, peint en argenté. Écoeurée.
Cerise sur le gâteau, ils ont enlevé deux oeuvres de la collection permanente que j'aimais beaucoup : un grand cheval noir taillé de plans rectilignes, et un tableau abstrait dans lequel je voyais une spirale et des visages de spectres qui flottaient.
Si vous visitez montréal un jour, ne perdez pas de temps pour ce musée médiocre, même pas les mercredis gratuits.


La douce voix d'Hanne Hukkelberg, une petite perle qui vaut vraiment le détour. La musique me rappelle Wax tailor ou Sia de temps en temps.. C'est délicieux.





Olenka and the Autumn Lovers, ou le pouvoir infini de la beauté. Aussi passée en boucle pendant les longues heures de rédaction du mémoire, après avoir été subjugée par sa prestation sur scène vendredi dernier au Divan Orange. Un peu plus folk, un peu plus classique, et tellement canadien :

mercredi 11 mai 2011

#2


La suite de ma petite histoire. J'accueillerai chaudement toute remarque constructive !

*********

C'est étrange toutes ces lumières qui scintillent. C'est beau, c'est fascinant, on se croirait dans un autre monde. T'imagines que chaque lumière cache une salle, un bureau, une chambre, une cuisine, un café, ou un dressing ? Et que chaque salle contient potentiellement un nombre d'êtres humains strictement supérieur à zéro ? Ça fait vraiment beaucoup d'êtres humains concentrés au même endroit. Ça a vraiment la tête d'une fourmilière vu d'ici, cette ville. Une jolie fourmilière, qui brille et qui clignote. 
Et puis ce bar là, c'est incroyable. On dirait qu'ils se sont tous téléphonés avant pour s'habiller pareil. Et puis tout ces Français ! Enfin je dis ça, mais depuis 3 mois que je suis là, moi aussi j'ai du mal à sortir du réseau. Mais bon quand même, tous ces français habillés pareil, c'est ridicule ! Et ces lumières rouges là, c'est n'importe quoi. Il faut que j'aille faire un tour aux toilettes, il paraît que c'est les toilettes avec la plus belle vue sur Manhattan. Si c'est la plus belle vue sur la plus belle ville du monde, alors ça doit être le pipi le plus jouissif du monde. Moi je préfère pisser dans la neige ou dans la forêt, mais c'est des choses qu'on doit pas dire quand on est une fille. Le pipi, c'est un truc de garçons.  
Putain, la serveuse en bikini plus petit qu'un kleenex veut pas que je reste assise pour regarder la vie scintiller à perte de vue. Va falloir que je me tape la discut' avec le relou d'à côté. Comment il s'appelle déjà ? Probablement Philippe ou Clément, et puis il doit bosser à la Sogé, comme tout le monde, en premier poste après une super grande école à Paris, comme tout le monde ici. Ah non, tiens, Pierre. J'étais pas très loin.
Ça me désespère un peu cette ambiance. Je sais pas pourquoi Vincent et Stéphane m'ont emmené là. Ils sont pas comme ça d'habitude, je les connais bon sang. Je croyais qu'avec le temps, j'avais appris à choisir mes potes. Pourtant ils ont l'impression de s'éclater. Ils ont du se laisser engloutir par la fièvre de cette ville. Comme tous ceux qui sont ici. Enfin y'a le gars là bas dans le coin, avec les gros cheveux. Il a pas l'air dans son assiette. Il est chou avec son air gêné. Il a les yeux qui fuient partout, comme si il voulait  tout observer sans se faire démasquer.  C'est typiquement mon type. Donc typiquement le type de type dont je suis pas le type. Et puis j'ai pas besoin de ça en ce moment, les histoires qui merdouillent, merci. Après ça traîne et ça prend la poussière dans ton cerveau, et j'ai plutôt besoin de faire le grand nettoyage des sentiments en ce moment. 
Bon va falloir que je me débarrasse de Pierre maintenant, il m'ennuie avec ses histoires de son enfance passée à Pornic tous les étés. Si t'aimes tant la mer, qu'est-ce que tu fais là en haut d'une tour de verre à 6000km de la Bretagne mec ?
Oh putain, oh putain, le mec à gros cheveux vient vers moi.. Merde merde, vite un air inspiré, sympa mais réservé. De toutes façons j'suis pas son type.

jeudi 5 mai 2011

Les deux hommes de ma vie (du moment)

Je suis un peu monomanique comme fille, des fois.

En ce moment par exemple, j'écoute en boucle Silvio Rodriguez. Un bonhomme sympathique m'avait assuré que s'il y avait 1 musicien cubain à écouter, c'était lui. Intriguée, j'ai téléchargé le lendemain l'intégrale de ses albums (je sais, c'est mal. Mais les cubains sont communistes de toutes façons). Et depuis 3 semaines, il est en boucle. Que lui. Et depuis 2 jours, ma manie s'accentue : seulement Ojala. Quelle merveille.


Je l'ai même traduite hier avec mon espagnol tout neuf du cours que je viens de commencer. (Je confirme toujours que l'espagnol pue beaucoup comparé à l'italien). Je pense que d'ici demain, je les connaitrai par coeur, et probablement que je vais passer le week-end à apprendre à la jouer à la guitare. Ojala.

Mon autre manie du moment, c'est Romain Gary. Je vous en ai déjà parlé. Comme Silvio pour la musique cubaine, si on doit lire un seul auteur Français, je pense que c'est Romain. J'étais fascinée par sa plume après avoir lu Les Racines du Ciel, Gros Câlin, puis La vie Devant soi. Il y a 1 mois, j'ai eu l'envie subite de trouver une biographie. Au milieu de la nuit, j'ai cherché frénétiquement sur Amazon. J'ai trouvé, mais trop cher. Qu'à cela ne tienne, j'ai foncé le lendemain chercher le bouquin à la bibliothèque nationale du québec. Banco. Un bouquin de la taille d'un dictionnaire, écrit de la taille d'un dictionnaire, avec les pages aussi fines qu'un dictionnaire. De quoi satisfaire ma curiosité.

Depuis 1 mois, je m'endors avec lui, je parcours sa vie, et je saoule tout mon entourage avec ses péripéties chevaleresques. Et probablement que pour l'année à venir, je vais m'avaler son oeuvre au complet. J'ai déjà la liste de tous ses bouquins qui faut que je lise dans l'urgence. Deux d'entre eux attendent sagement sur ma table de nuit que je referme la biographie encyclopédique de Myriam Assinov. 

Voilà les deux hommes avec qui je passe ma vie en ce moment. La barre est haute, les vrais gars vivants !

Sinon demain je vais visiter un labo qui étudie la neuropsychologie de la musique : comment expliquer neurologiquement les influences si directes que la musique exerce sur nos émotions ?? Fascinant non ?? Ce que j'aime la recherche, pitain !

mercredi 23 mars 2011

Let it Be

Ce mec est un génie !!

C'est dingue comment il sublime n'importe quelle chanson.
Non mais savourez-moi ça :



Quelle merveille ! Comment il met trop la misère à John Lennon, c'est ouf ! Je vais demander à Paul de Pin de faire une sous-rubrique : Reprises-Par-Ray-Charles-Le-Plus-Grand-Génie-Musical-Du-Monde-De-La-Vie-Entière-Qui-Ridiculisent-Leur-Premier-Auteur.

Et évidemment, c'est Raphaël qui m'a fait découvrir cette reprise, dans son émission du 8 mars sur Darwin.. C'est un signe du ciel. Darwin, les Beatles, Ray Charles, Let it Be.. Je vais méditer le message, ça me ferait pas du mal de lâcher prise un peu.

C'est étrange comment parfois, une suite de coïncidences lèvent un petit bout de voile sur un coin caché de votre conscience. Comme si le monde extérieur vous envoyait un signe, un message évident qu'on ne peut plus alors ignorer. Et la machine infernale à mouliner les pensées se déclenche.

lundi 14 mars 2011

Somewhere Over The Rainbow

Cadeau du ciel

Somewhere over the rainbow, c'est certainement une des chansons les plus reprises du siècle. Il y a des chansons comme ça, tout le monde les connait, on peut pas y échapper, et on nous en rabat les oreilles, et ça finit par nous écoeurer : chaque nouvelle version qu'on entend nous donne une crise d'urticaire instantanée. Mais en fait, elle a du bon cette chanson. Déjà, elle est quand même très très belle, la version originale de Judy Gardland décoiffe et quasi universellement, la première écoute est un coup de coeur. C'est étrange comment des mélodies résonnent si fort, partout au delà des frontières. Mais surtout, il y a un côté très intéressant les chansons reprises et reprises et reprises. : ça permet de comparer les artistes.

C'est ma petite soeur qui a eu l'idée la première. Ado, tombée en amour avec la chanson, elle s'était fait une playlist de toutes les versions qu'elle avait pu trouver, et nous l'avait passée lors d'un long trajet en voiture, malgré mes protestations snobbinardes : "Putain mais pas encore cette chanson, c'est tellement bateaaaaau j'en peux pluuuus de tes goûts musicaux de meeeerde" (Ouais j'ai toujours été très sympa comme grande soeur).

Et une demi heure plus tard, on était tous les cinq à commenter les versions une par une, à analyser les harmonies utilisées et les différences de style (ouais on est un peu des intellos chez nous), à voter pour notre préférée, à chanter le refrain à tue-tête ("Mamaaan arrête de chanter tu chantes trop faux tu vois pas ça gâche tout !!"). Un de mes plus beaux souvenirs de famille. Forcément, depuis cette chanson résonne de façon un peu particulière chez moi, mais n'empêche que je la trouve très intéréssante, par son universalité.

Par exemple, c'est sur cette chanson que je suis tombée amoureuse de Melody Gardot. Sa version est si personnelle, si subtile, pleine de sensibilité retenue et exposée à la fois. Norah Jones à côté c'est tellement une greluche toute plate. En même temps on s'en doutait que Norah Jones c'était une greluche sans relief.
La version au ukulele de Israel Iz Kamakawiwoʻole est certainement la plus connue aujourd'hui, (mais ça c'est parce qu'ils connaissent pas encore ma version à moi au ukulele), et si on fait abstraction du fait qu'on l'a déjà entendue des millions de fois, je la trouve vraiment très réussie, et originale par rapport aux autres. Frank sinatra s'en sort pas mal, on reconnait sa patte, son style, on a envie d'aller chanter sous la pluie alors qu'il nous parle pourtant d'arc-en-ciels, de gouttes de citron et d'oiseaux bleus qui volent..  Evidemment, Ella Fitzgeral nous emporte, la version de Bobby mcFerrin est tordante de rire et impressionnante avec ses effets de vocalises. Mais celui qui décroche ma préférence, je crois que ça reste Ray Charles. Sa version est explosive. Son chant est simplement sublime, il remplit l'espace tout seul, il exprime le vide et le plein à la fois, l'orchestration nous transporte, tout tient tout seul. On connait la chanson mais pourtant on a l'impression de la découvrir à nouveau, ça va tout droit à l'âme, on peut pas se débattre, ya rien à faire : on est scotchés.

Je vous ai mis une petite sélection des versions que je trouve les plus réussies, et comme j'aime bien le jazz, ben ya beaucoup de jazz, notamment mon chérichou Chet Baker, mais c'est vraiment pas exhaustif. Et je vous passe toutes les miauleries mielleuses de Barbara Streisand et ses copines que je me suis tapée pour faire cette sélection.. (Et puis la version de Offspring je vous dis même pas, c'est aussi pire que la première partie de Revolver la semaine dernière). Ce que je fais pas pour vous !


Alors, et vous, c'est laquelle votre version de Somewhere préférée ? Vous avez aussi une chanson fétiche comme moi ou je suis folle ?