lundi 28 février 2011

Cuba - Baracoa

Après trois jours passés à découvrir Santiago et ses environs, on a décidé de profiter des quelques jours qui nous restaient pour pousser encore plus à l'est, vers Baracoa. Le réveil sonne à l'aube et on s'élance dans le matin qui chante. Le bus nous berse et le soleil nous cajole une bonne partie de la matinée. La route sillonne à travers la montagne tropicale, aux fleurs abondantes et aux couleurs luxuriantes. Et puis d'un coup, au détour d'un virage, la mer qui s'ouvre a nous dans un fracas d'écume blanche. Cette mer étrange, d'un bleu encore plus tendre que ma méditerrannée. Eblouissement. La route remonte doucement vers la montagne. Mes yeux ne peuvent se détacher de ces vallées, d'une beauté hypnotisante malgré la fatigue qui me retient. Quelques heures plus tard, encore sous le choc du spectacle, on débarque à Baracoa, enveloppée dans la brume d'un orage encore frais.




Baracoa, c'est la première ville de Cuba, fondée en 1512. Pourtant, elle est longtemps restée coupée du reste du pays : jusqu'il y a environ 30 ans, il n'y avait pas de route la reliant au pays, on ne pouvait y accéder qu'en avion ou en bateau. C'est une petite ville arrêtée au bord de mer, encastrée dans des montagnes luxuriantes. Une ville flottante sur un nuage suspendu hors du temps dans le ciel tropical.


Le grain qui gronde




Ici, les rencontres sont encore plus faciles qu'ailleurs. A la station de bus, on rencontre Aristide. Un espèce de Don Juan cubain à la vie incroyable. Si on en croit ses histoires, il vient de sortir de 4 mois à l'hôpital après un méchant accident de voiture. Mais avant ça, il a passé 7 ans en prison parce qu'il faisait du commerce douteuz qui l'amenait à posséder des dollars américains. "À Cuba, avoir des dollars chez soi, c'est pire que violer un enfant ou tuer un homme", nous confie-t-il.  Il a profité de son séjour en prison pour apprendre le Français, et le pratiquer avec ses voisins de cellule, qui par hasard étaient francophones. Il a aussi passé 3 ans au mexique, ce qui est rare pour un cubain de son âge. Pour pouvoir partir, il avait fait un faux mariage. Maintenant, il partage sa vie entre Baracoa et la Havanne où il a semé femmes, enfants et magasins, et rêve de voyager pour ses vieux jours. Un sacré personnage, probablement fiché, surfiché, et haï du régime.

Si les rencontres avec les cubains sont faciles, celles avec les autres touristes de passage le sont encore plus, faisant de cet endroit un espèce de village de vacances où le contact est facile. Dans la soirée, on retrouve tous les touristes du bus ou presque à la Casa de la Trova, la boîte à musique de la ville. On y rencontre un groupe de trois brésiliens, déjà croisés plusieurs fois à Santiago. Les mojitos et la salsa s'enchaînent, on sympathise entre deux invitations insistantes de soit-disant profs de salsa cubains qui nous demandent en mariage dès la deuxième danse. La nuit tropicale est douce, et on savoure ces amitiés qui naissent, de celles si particulières lorsqu'on sait qu'elles vont mourir dans deux jours tout au plus.

Le lendemain, les brésiliens nous embarquent avec leur voiture étincelante pour aller explorer les environs. Le soleil semble avoir dispersé les nuages. On arrive à Maguana, une plage de carte postale, rafraîchie par un vent doux et sauvage à la fois. Ça vaut pas Anacao, mais c'est beau (Faut bien être snob de temps en temps hein). Je me jette à l'eau, je nage, je nage. Je laisse les vagues me secouer, me donner des léchouilles salées et des baffes mouillées. Je ris, je bois la tasse, j'accueille le vent et le sel comme on embrasse un ami qu'on n'a pas vu depuis bien trop longtemps. 





Plus tard dans la journée, on fait un petit stop dans un site où un guide nous explique le nom de ces arbres qui m'impressionnent tant. J'apprends à quoi ressemble un papayer, un manguier, un cacaotier, à distinguer un cocotier d'un palmier. Des connaissances qui me serviront toute ma vie, j'en suis sûre. La visite s'achève au soleil couchant par la dégustation du meilleur chocolat du monde de la terre entière, que les brésiliens proposent de marier avec un bon gros cigare. Mmmmhh. Baracoa, c'est aussi là où on bouffe bien. 

Des cosses de cacao perchées

Une cosse de cacao ouverte qui dévoile ses fèves

Alors, Palmiers ou Cocotiers ?

Les fleurs de Cacao


Les fèves de cacao, une fois séchées

LE MEILLEUR CHOCOLAT DU MONDE DE LA TERRE ENTIÈRE DE TOUTE LA VIE

Vous avez déjà vu un brésilien fumer un cigare ?

A la fin de la journée, on fait un crochet sur une plage perdue. Il paraît que tout au bout de la plage, il y a une maison, et que dans cette maison on trouve une femme qui fabrique des Cucuruchos de façon artisanale. Les Cucuruchos, c'est un espèce de mélange de coco, de miel, d'amandes et de fruits tassés dans un cornet en feuilles de bananier. C'est délicieux, divîn, exquis. Par bonheur, on trouve la maison en question. On en achète toute une cargaison, pour faire des heureux au Canada.. 

La nuit tombe son voile sur cette merveilleuse journée, sans doute la plus douce du séjour. 


Cucuruchoooo

1 commentaire:

RebeccArmstrong a dit…

Cette nouvelle série de photo est terrible!! Les fruits, les fleurs, le cacao... haa (je vais aller me coucher pour en rêver tiens!)

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